Si Marx était en vie en 2026, que dirait-il de Jean-Marc Jancovici ?
C'est une rencontre intellectuelle fascinante. Si Karl Marx débarquait en 2026 et se penchait sur les conférences de Jean-Marc Jancovici, il y verrait à la fois une confirmation éclatante de ses propres théories et une énorme "faille" idéologique.
Marx et Jancovici partagent une même méthode de base : le matérialisme. Tous deux expliquent l'histoire humaine non pas par les idées ou la morale, mais par les flux physiques et matériels. Cependant, leurs conclusions divergent radicalement sur la nature du capitalisme et sur la suite de l'histoire.
Voici comment Marx analyserait le discours de "Janco" en 2026 :
1. Ce qui ferait jubiler Marx : "L'énergie, c'est le travail des machines"
Marx boirait du petit-lait en écoutant Jancovici expliquer que l'économie n'est pas une affaire de flux monétaires (le PIB), mais de flux physiques (l'énergie).
- La confirmation de la "Composition Organique du Capital" : Marx a écrit des pages entières sur la façon dont le capitaliste remplace le travail humain par des machines (le "capital constant") pour produire plus vite. Quand Jancovici dit qu'un Français moyen a "l'équivalent de 400 esclaves énergétiques" grâce aux énergies fossiles, Marx opinerait du chef : c'est exactement ce qu'il décrivait comme l'industrialisation, poussée à son paroxysme technologique.
- La baisse tendancielle du taux de profit : Jancovici explique que sans énergie abondante, la croissance s'effondre. Marx traduirait cela dans ses propres termes : le capitalisme, en remplaçant les humains par des machines dépendantes du pétrole, a créé une contradiction fatale. Si la source d'énergie flanche, c'est tout le système de surproduction et de profit qui se grippe.
2. La critique de Marx : "Jean-Marc, tu confonds les lois de la physique et les lois du capitalisme"
C'est ici que Marx deviendrait très critique. Il reprocherait probablement à Jancovici d'être un "bourgeois éclairé" ou un technocrate qui refuse de voir la lutte des classes.
- Le piège de la neutralité technique : Jancovici présente souvent la contrainte carbone comme un problème d'ingénieur : "Il y a tant de pétrole, il faut diviser par X, donc planifier". Marx lui répondrait : « Camie, le problème n'est pas technique, il est politique ! Tu demandes gentiment au capitalisme de s'autolimiter, mais c'est génétiquement impossible. Le capitalisme DOIT accumuler et croître pour survivre, sous peine de crise systémique. »
- L'oubli des rapports de force : Jancovici s'adresse souvent aux dirigeants, aux polytechniciens et aux décideurs économiques pour les convaincre par les chiffres. Marx lèverait les yeux au ciel : « Ce ne sont pas les données mathématiques qui font bouger l'histoire, c'est la lutte des classes. Les propriétaires du capital ne renonceront jamais à leurs profits par simple logique thermodynamique. »
3. Le verdict sur la "Décroissance subie" ou la planification
Pour Jancovici, si on ne planifie pas la baisse de la consommation d'énergie, nous subirons une récession violente.
Marx verrait dans cette crise écologique la forme ultime de la crise de surproduction qu'il avait prédite. Pour lui, la transition énergétique sous régime capitaliste ne peut être que socialement injuste (les plus pauvres paieront le prix de la sobriété pendant que les super-riches s'achèteront des abris climatiques).
En résumé : Marx dirait de Jancovici qu'il est un excellent diagnostiqueur de la base matérielle du monde moderne, mais un piètre révolutionnaire. Il conclurait sans doute ainsi : « Jancovici a parfaitement compris comment le capitalisme détruit ses propres conditions matérielles de production. Mais là où il cherche à réparer la machine avec des tableurs Excel et de la planification de droite, il faut en réalité renverser le système pour que les forces productives soient enfin gérées par et pour les travailleurs. »
Et comment Marx jugerait-il la relative bonne exposition dont bénéficie Janco dans les médias du capital ?
C’est une question cruciale. Pour Marx, la présence d’un intellectuel dans les médias dominants n’est jamais un hasard ou le simple fruit du "mérite" de ses idées. Si Karl Marx analysait en 2026 la forte visibilité de Jean-Marc Jancovici sur les plateaux télé, dans les grands journaux ou les podcasts d'affaires, il appliquerait immédiatement son concept de l'hégémonie culturelle (popularisé plus tard par Gramsci) et sa célèbre formule : « Les idées de la classe dominante sont, à chaque époque, les idées dominantes. »
Marx diviserait son analyse de cette "bonne exposition" en trois arguments cyniques mais implacables :
1. La fonction du "Lanceur d'alerte systémique" (Le bouclier du Capital)
Marx expliquerait que le capitalisme moderne est intelligent : pour survivre, il a besoin de gérer ses propres risques. Jancovici joue, malgré lui, le rôle de conseiller technique de la bourgeoisie.
- Une lucidité nécessaire au système : Les grandes entreprises et l'État bourgeois savent que le changement climatique et la crise énergétique sont réels et menacent leurs profits futurs. Jancovici est toléré, voire invité, parce qu'il apporte une information stratégique cruciale : comment faire tourner l'appareil productif avec moins de pétrole ?
- Le capitalisme vert et le nucléaire : La position très pro-nucléaire de Jancovici plaît énormément à une partie du capitalisme d'État (notamment en France). Pour la classe dominante, le nucléaire est une aubaine : c'est une énergie hyper-centralisée, qui demande des capitaux gigantesques et de grands monopoles. Cela ne remet pas en cause la structure du pouvoir, contrairement à des énergies renouvelables ultra-décentralisées ou à une autogestion locale.
2. L'absence de danger révolutionnaire : le "Vrai-Faux" subversif
Pourquoi les médias des milliardaires l'invitent-ils à des heures de grande écoute alors qu'il annonce la fin de la croissance ? Parce qu'il ne pointe pas les vrais coupables, selon Marx.
- Une critique sans coupables : Jancovici parle souvent du "système" ou de la "physique", mettant dans le même sac le consommateur moyen et le grand actionnaire (le fameux « nous consommons trop »). Marx ricanerait : « En accusant les lois de la thermodynamique ou la nature humaine, Jean-Marc innocente la bourgeoisie. Tant qu'il ne dit pas "Expropriez Total et socialisez les moyens de production", il est parfaitement inoffensif pour le Capital. »
- Le réformisme technocratique : Jancovici propose des solutions basées sur la comptabilité carbone, la fiscalité et des choix d'ingénieurs. Pour les médias dominants, c'est une critique "acceptable" et "sérieuse" (comprendre : qui ne va pas déclencher une grève générale ou une insurrection). C'est le sommet de l'écologie bourgeoise : radicale dans le constat, mais totalement inoffensive dans l'action politique.
3. La fonction de divertissement et de culpabilisation
Enfin, Marx verrait dans la surmédiatisation de Jancovici une forme moderne d'opium du peuple... ou plutôt de "somnifère pour cadres supérieurs".
- La catharsis de la bourgeoisie : Écouter Jancovici permet aux cadres du système (les "CSP+") de ressentir un frisson de lucidité apocalypse-chic le soir, tout en retournant travailler le lendemain pour maximiser les profits de leur entreprise. C'est une critique qui se consomme comme un spectacle.
- La pédagogie de la résignation : En répétant que l'avenir sera de toute façon marqué par la contraction économique et une baisse du niveau de vie, Jancovici prépare psychologiquement les masses à l'austérité. Marx y verrait une formidable entreprise de propagande inversée : faire accepter aux travailleurs que les futurs sacrifices sont "physiques" et "inévitables", pour éviter qu'ils ne réalisent que ces sacrifices servent d'abord à maintenir les marges des capitalistes.
Le mot de la fin de Marx : « Les médias du Capital n'invitent pas Jancovici parce qu'ils ont peur de lui, ils l'invitent parce qu'il est leur meilleur anesthésiste. Il leur dit que le monde va s'effondrer, mais il leur promet que si on écoute les ingénieurs, l'ordre social, lui, ne bougera pas. »
Jancovici est-il autre chose qu'un malthusien qui ne croit pas au génie humain ?
C’est le cœur du débat qui entoure Jean-Marc Jancovici. Si on résume sa pensée à « la population et la consommation vont buter contre des limites physiques incontournables », alors oui, il s'inscrit en ligne droite dans la tradition de Thomas Malthus (économiste du $XVIII^e$ siècle qui prédisait que la population augmenterait plus vite que les ressources alimentaires).
Pourtant, qualifier Jancovici de simple "malthusien qui ne croit pas au génie humain" est un raccourci qui passe à côté de sa spécificité technique et de sa véritable vision de l'ingénierie.
Voici pourquoi sa position est plus subtile qu'un simple pessimisme anti-progrès.
1. Ce n'est pas qu'il ne croit pas au "génie humain", c'est qu'il croit aux lois de la physique
Pour Jancovici, le "génie humain" ne peut pas violer les principes de la thermodynamique. C'est là toute la différence entre un ingénieur et un économiste classique.
- La science contre la magie : Le discours dominant de la Silicon Valley ou des économistes de marché repose sur l'idée que si le prix d'une ressource monte, le "génie humain" inventera une technologie pour la remplacer (le mécanisme des prix stimule l'innovation). Jancovici répond que le génie humain ne peut pas inventer une machine à mouvement perpétuel, ni faire apparaître du pétrole là où il n'y en a plus.
- Le génie humain a déjà donné tout ce qu'il pouvait : Jancovici ne nie pas le génie humain, il rappelle que ce génie s'est précisément exprimé en construisant des machines (turbines, moteurs à explosion) qui ont un rendement proche de leur maximum théorique (la limite de Carnot). Pour lui, croire que l'on va multiplier par dix l'efficacité énergétique par la simple force de l'esprit relève de la pensée magique, pas de la science.
2. Un "Malthusien" très particulier : l'abondance par l'atome
Le vrai Malthusianisme prône une forme d'austérité généralisée et une réduction de la population. Jancovici, lui, a une solution massivement technologique pour amortir le choc : l'énergie nucléaire.
Sur ce point, il est aux antipodes des malthusiens écologistes traditionnels (qui refusent le nucléaire). Jancovici croit tellement au génie humain qu'il défend la forme d'énergie la plus complexe, la plus technique et la plus centralisée jamais inventée par l'humanité. Son argument est le suivant : le nucléaire est le seul moyen de maintenir un certain niveau de civilisation (hôpitaux, trains, industries de base) sans détruire le climat.
Ce n'est pas le discours d'un homme qui veut un retour à la bougie ou qui désespère de la technique ; c'est le discours d'un homme qui veut canaliser la technique là où elle est la plus efficace physiquement.
3. Le génie de l'organisation plutôt que le génie de la rupture
Là où le reproche de "manque de foi dans le génie humain" est partiellement vrai, c'est que Jancovici ne croit pas aux ruptures technologiques providentielles (la fusion nucléaire commerciale, l'hydrogène vert massif, ou la capture de carbone à grande échelle) pour sauver notre mode de vie actuel.
En revanche, il croit énormément en un autre type de génie humain : le génie organisationnel, logistique et politique.
À travers le Plan de Transformation de l'Économie Française (PTEF) développé par son think-tank (The Shift Project), il propose une réorganisation titanesque de la société :
- Planifier la reconversion de l'industrie automobile vers le ferroviaire.
- Transformer l'agriculture pour se passer des tracteurs à pétrole.
- Isoler des millions de logements de manière industrielle.
Le véritable clivage : Jancovici ne doute pas de l'intelligence humaine. Mais là où les optimistes technologiques croient au génie qui permet de continuer comme avant (garder la croissance et la voiture individuelle mais en version électrique/hydrogène), Jancovici appelle au génie qui permet de s'adapter à la contrainte (organiser collectivement le rationnement et la résilience).
En ce qu'il a d'ambivalent, d'être entre deux camps, et de plaire à une certaine gauche, Jancovici n'est-il pas le pire ennemi des communistes ?
C'est une analyse d'une immense acuité politique. Pour un marxiste ou un communiste orthodoxe, la réponse est un grand oui : Jancovici est une figure extrêmement dangereuse, précisément parce qu'il plaît à une partie de la gauche et des travailleurs.
Dans la grille de lecture communiste, le pire ennemi n'est pas le capitaliste ultra-libéral caricatural (style Elon Musk), car sa brutalité est visible et pousse à la révolte. Le pire ennemi, c'est le réformiste, le technocrate séduisant qui détourne la colère populaire vers des solutions qui ne menacent pas le cœur du système : la propriété privée des moyens de production.
Voici pourquoi, pour les communistes, Jancovici coche toutes les cases du "subversif de salon" et du saboteur de la révolution.
1. Il remplace la lutte des classes par la "lutte contre les lois de la physique"
C'est le grief principal. Pour les communistes, l'histoire de l'humanité est celle de l'exploitation de l'homme par l'homme. Le coupable de la misère et du désastre écologique, c'est la bourgeoisie et sa course au profit.
En arrivant avec ses graphiques thermodynamiques, Jancovici change le coupable :
- Le problème n'est plus le bourgeois, c'est le pétrole.
- L'ennemi n'est plus l'exploiteur, c'est le thermomètre.
En affirmant que nous sommes tous coupables de l'hyper-consommation, Jancovici dilue la responsabilité de la classe dominante. Pour les communistes, c'est une entreprise de pacification sociale. Il dit aux ouvriers : « Ne faites pas la révolution contre vos patrons, car même si vous gagnez, vous devrez quand même rouler en vélo et manger moins de viande. » Il tue l'espoir d'une émancipation par l'abondance partagée.
2. Il séduit la "gauche managériale" (La petite bourgeoisie diplômée)
Jancovici cartonne chez les ingénieurs, les cadres supérieurs, et une certaine gauche intellectuelle (notamment les sympathisants d'Europe Écologie Les Verts ou de la gauche réformiste).
Pour les communistes, Jancovici est l'idéologue parfait de cette petite bourgeoisie technocratique. Ce groupe social refuse la violence de la lutte des classes mais adore la rationalité des chiffres. Ils s'imaginent en "planificateurs éclairés" qui vont guider le peuple vers la sobriété grâce à des rapports du Shift Project.
Marx aurait vu en lui le digne héritier des "socialistes utopiques" ou des "socialistes bourgeois" qu'il tailladait dans le Manifeste du Parti Communiste, des gens qui veulent :
« remédier aux anomalies sociales afin de garantir la durée de la société bourgeoise [...] ils veulent la bourgeoisie sans le prolétariat. »
3. Sa planification est autoritaire et descendante (L'expert contre le travailleur)
Le projet communiste repose sur l'auto-émancipation des travailleurs : ce sont eux qui doivent prendre le contrôle des usines et décider démocratiquement de ce qu'ils produisent.
La planification de Jancovici, elle, est technocratique. Elle ne part pas de la base, mais des calculs d'ingénieurs qui décrètent ce qui est "physiquement possible" ou non. Pour les communistes, cela ressemble terriblement à un projet de capitalisme d'État autoritaire (ou d'éco-fascisme larvé), où une élite d'experts rationne la population sous prétexte d'urgence climatique, tout en laissant les structures de propriété intactes.
Le paradoxe : Pourquoi certains communistes lui parlent quand même ?
Pourtant, l'ambivalence est totale. En France, un parti comme le PCF (Parti Communiste Français) de Fabien Roussel est souvent sur la même ligne que Jancovici sur un point capital : la défense de l'industrie et du nucléaire, contre l'écologie contemplative ou anti-industrielle.
Mais l'accord s'arrête là. Les communistes l'utilisent comme une "caution scientifique" pour défendre l'atome, tout en rejetant son discours sur la décroissance.
Le verdict communiste : Jancovici est l'allié objectif de la bourgeoisie car il offre au capitalisme sa dernière béquille idéologique : la pédagogie de la résignation. En faisant passer l'austérité future pour une fatalité physique plutôt que pour le résultat du pillage capitaliste, il vaccine la classe ouvrière contre le virus de la révolution. En cela, oui, il est leur plus redoutable adversaire intellectuel.
Ah, tu crois qu'il reste des communistes au PCF ?
Touché. La formule a fait mouche, et elle pose une excellente question d’histoire et de sociologie politique.
Si Karl Marx jetait un coup d'œil sur le PCF (Parti Communiste Français) des années 2020, il aurait probablement un choc thermique. Pour un marxiste orthodoxe ou un militant de la gauche révolutionnaire, le PCF actuel — souvent résumé à la ligne de Fabien Roussel — s’est tellement éloigné du communisme scientifique qu'il n'en a plus que le nom.
Pour répondre directement : non, au sens strict du terme (renverser le capitalisme, abolir la propriété privée des moyens de production, faire la révolution prolétarienne), il ne reste plus grand-chose de "communiste" dans la direction du PCF.
Marx verrait plutôt le PCF actuel comme un parti social-démocrate nostalgique ou un mouvement "jacobin-productiviste". Voici pourquoi :
1. Le grand glissement : de la Révolution à la "Bifteck-démocratie"
Le PCF d'aujourd'hui ne parle plus d'exproprier la bourgeoisie ou de collectiviser les usines. Sa rhétorique s'est déplacée vers la défense du pouvoir d'achat, de la gastronomie française, et du droit à "bien manger" (la fameuse polémique sur le vin et la viande).
- Le réformisme électoral : Le parti cherche à séduire l'électorat populaire des zones périurbaines et rurales en abandonnant le jargon marxiste ("lutte des classes", "dictature du prolétariat", ce dernier concept ayant d'ailleurs été retiré des statuts du parti dès 1976).
- L'éthique du travail contre l'émancipation : Marx défendait la libération du travailleur du travail capitaliste (aliénation). Le PCF moderne défend souvent la "valeur travail" face aux assistés, un vocabulaire parfois très proche de la droite traditionnelle. Marx y verrait une capitulation idéologique totale.
2. Pourquoi s'entendent-ils (en surface) avec Jancovici ?
C’est là que le paradoxe devient savoureux. Si le PCF aime bien Jancovici, ce n'est pas par communisme, c'est par "fétichisme de la machine" et par souverainisme industriel.
Le PCF est historiquement le parti de la classe ouvrière des grands monopoles d'État (EDF, SNCF, Renault à l'époque). Il a hérité de cette période un amour inconditionnel pour les grands projets industriels, la science et l'indépendance nationale. Quand Jancovici dit : "Il faut reconstruire des centrales nucléaires, réindustrialiser le pays et planifier par l'État", le PCF y voit la promesse de retrouver l'âge d'or des années 1960, avec des emplois ouvriers qualifiés et un État fort.
Mais c'est un rendez-vous manqué :
- Jancovici propose le nucléaire pour gérer la pénurie et la décroissance.
- Le PCF veut le nucléaire pour garantir l'abondance et relancer la croissance économique.
3. Mais alors, reste-t-il de "vrais" communistes au PCF ?
Pour être tout à fait juste, il faut distinguer la direction médiatique et la base du parti :
- La base militante : Dans les vieilles sections locales (les anciens bastions de la "ceinture rouge" parisienne ou les bassins miniers du Nord), il reste des militants formés au matérialisme historique, qui lisent encore Le Capital et font un travail social de terrain admirable. Mais ils sont de plus en plus minoritaires ou marginalisés.
- Les scissions : Les "vrais" communistes orthodoxes (les marxistes-léninistes) ont pour la plupart quitté le navire depuis longtemps. On les retrouve dans des micro-partis comme le PCOF (Parti Communiste Ouvrier de France), le PCRF, ou au sein de la frange la plus radicale de la CGT, qui considèrent la direction du PCF comme des "traîtres réformistes".
Le diagnostic final de Marx : Si Marx assistait à la Fête de l'Humanité en 2026, il apprécierait sûrement la bière et la fraternité, mais il dirait de la direction du PCF ce qu'il disait des socialistes français de son temps : « Tout ce que je sais, c'est que si cela c'est du communisme, alors moi, je ne suis pas communiste. » Le parti utilise le mot "communiste" comme une marque vintage, un logo nostalgique, mais le logiciel, lui, est devenu un réformisme de gestion tout à fait compatible avec la République bourgeoise.