ces agriculteurs pro libre-échange

Assez hallucinant, tous ces agriculteurs pro libre-échange, qu'on entend dans les reportages télé.

Ils acceptent la plus acharnée des compétitions avec leurs confrères d'autres pays, parce qu'ils pensent qu'ils peuvent gagner cette compétition.

C'est sûr que, vus les coûts du transport de nos jours, plus tu es près, moins tu es cher.

Ces agriculteurs veulent à la fois du libre-échange et les mêmes règles pour tout le monde.

Ils ne semblent pas se rendre compte que si le Capital met en œuvre le libre-échange, c'est justement parce que ça lui permet d'aller chercher ses marchandises dans des territoires où les règles sont moins strictes, et donc l'exploitation plus grande.

Et puis, cette logique du je veux bien la compétition tant que c'est moi qui gagne, c'est quand même une bonne logique de filsdep' : ceux-là ne sont pas là pour défendre les agriculteurs [quel que soit leur pays] ; ils sont là pour défendre leur petite personne. Et s'ils rêvent d'un libre-échange équitable, c'est parce qu'ils seraient, au final, très contents gagner le marché européen, et de mettre leurs confrères espagnols sur le carreau, plutôt que l'inverse.

Enfin, bon, pour l'instant ce ne sont pas les agriculteurs espagnols qui font la nique aux agriculteurs français, mais bien l'agriculture ukrainienne, dont 1 exploitation sur 5 est la propriété… de capitaux américains — comme c'est étonnant ! Et l'Ukraine étant la deuxième grande plaine d'Europe avec la France, on comprend que les agris des Gaules ne veuillent pas être mis en concurrence avec ceux de l'Est.

Et même avec des normes environnementales comparables, et avec un prix du travail comparable, dans une compétition, on finit toujours par tomber sur plus fort que soit.

Donc même les plus gros céréaliers de la Beauce apprendront tôt ou tard qu'après Hybris… vient Némésis 💣⚡

Et les légèrement moins gros l'apprendront encore plus tôt.