2024 : nouveaux confinements ? guerre mondiale ?

Sur Youtube il y a une chaîne intéressante intitulée China Observer.

Ils viennent de sortir la vidéo suivante :

Finished! Unable to Sell Anything, Domestic Demand Dead, 70% Goods Dumped Abroad at Low Prices

Donc, voilà, concrètement, à quoi ça ressemble une crise de surproduction, qui n'en finit pas.

Quelles solutions ?

D'une, le Capital va devoir arrêter la production à nouveau, comme en 2020 et 2021.

On peut donc s'attendre à de nouveaux confinements — ou arrêt de grande ampleur, mais pour motif différent —, qui à nouveau devraient commencer dans l'usine du monde qui s'appelle La Chine.

Mais ça ne sera pas suffisant.

Et il semble que la transition voiture électrique ne va vraiment pas permettre longtemps de résoudre les problèmes de valorisation du Capital.

Donc il faudra bien trouver un moyen de détruire le contenu des entrepôts. On peut, par exemple, imaginer voir se généraliser des feux de bâtiments, comme récemment en Chine.

Mais il faut aussi détruire les moyens de production eux-mêmes, c'est-à-dire les usines et toutes leurs machines-outils. Idéalement, il faudrait même détruire les plans des machines, les ingénieurs capables de les concevoir, et les écoles d'ingénieur capables de produire des ingénieurs. Voire brûler tous les bouquins de math et physique qui contiennent la moindre équation différentielle, ou une quelconque mention de la mécanique du point matériel.

En bref :

Ce qu'il nous faudrait c'est une bonne guerre.

Les destructions de 1945 ont permis 25 ans de valorisation seulement. Il faudra y aller plus fort cette fois, car la productivité est bien plus grande qu'à l'époque. On a, entre autres, des imprimantes à maisons, maintenant. Et tout un tas d'autres machines ; on peut en admirer certaines sur la chaîne HumanVSMachine. Donc, si la 3ème guerre mondiale ne produisait qu'un niveau de destruction équivalent à la 2nde, la reconstruction serait malheureusement bien plus courte. Il va vraiment falloir raser beaucoup beaucoup de villes, cette fois-ci. Après la fin de la reconstruction, on aura de nouveau une grande grève générale comme en 1967-68, mais sans possibilité de restructuration supérieure cette fois-ci, car il n'y aura plus d'ailleurs où délocaliser la production, et les femmes ont déjà été mises au travail. La retraite à 67 ou 77 ans, le permis de conduire à 17 puis 16 puis 15 ans, des aménagements pour mettre les jeunes sans permis plus rapidement au travail (comme le souhaite Agnès Pannier-Raunacher), et même la réappartition du travail des enfants dans les pays riches — on ne sait jamais — ne résoudront pas durablement la prochaine crise de valorisation. Donc, au plus tard, ce sera cette crise — vers 2050 ? — qui sera la crise terminale du mode de production capitaliste.

On pourrait souhaiter arrêter le mode de production capitaliste avant toutes ces destructions inutiles mais, comme on dit :

il faut que jeunesse se passe

Bon, askip, il faut d'abord écraser le prolétariat, avant de pouvoir lancer une guerre mondiale :

Donc : ça signifie qu'on est dans des temps où la contradiction s'accélère.

Alors, qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné la révolution sociale devient possible ?

À travers Marx et à travers [Rosa] Luxembourg, on sait que le Capital ne peut pas engager — et notamment pour les grandes métropoles européennes, industrielles — il ne peut pas engager une guerre militaire s'il n'a pas d'abord écrasé le prolétariat. Le prolétariat doit être écrasé politiquement, et socialement, parce que un prolétariat qui est militarisé (dans un champ de recomposition militaire des marchés), s'il n'a pas été préalablement écrasé politiquement et socialement, peut s'insurger dans le cadre militaire.

C'est-à-dire que :

Pour qu'il y ait une défaite, il faut qu'il y ait une gigantesque avancée de grève, et qu'elle soit écrasée. Là on a un prolétariat passif, mais il n'a pas été écrasé ! Il est passif, mais il n'y a pas eu de combat. Donc le Capital ne peut pas engager de guerre massive. Il peut engager des diversions de guerre monétaire, ou de guerre terroriste, mais il ne peut pas engager sa guerre sociale contre le prolétariat.

Donc :

Ce qui est décisif, pour savoir si on va vers une 3ème guerre mondiale, ou si on va vers la révolution sociale, c'est le moment où la crise industrielle, la crise commerciale, la crise bancaire, la crise de l'Euro, va voir surgir des grèves sociales de large intensité, et de voir si ces grèves sont écrasées, ou si au contraire elles s'étendent. Si les grèves sont écrasées — et c'est d'ailleurs comme ça qu'a eu lieu la guerre de 1914… Toutes les grandes grèves qu'ont connu l'Allemagne, l'Italie et la France au cours des années 1880s… On parlait tout à l'heure de Clémenceau… le terrorisme… toutes ces luttes… Fourmies en 1870, 1880… les mineurs de Draveil — Draveil il ya 20 morts je crois. C'est-à-dire que : pour lancer la guerre de 1914, il a fallu que le Capital, au niveau mondial, écrase préalablement les prolétariats.

Là, le prolétariat, il n'a pas encore été écrasé. Donc : qu'est-ce que nous disent Marx, à travers Hegel, à travers cette dialectique du tout ? Pour le moment, rien n'est joué. C'est pour ça que j'ai fait, dans les Commentaires sur l'extrême radicalité des temps derniers, un prélude, un prologue, où j'explique que rien n'est joué pour le moment. Ce qui va être décisif, c'est la manière dont ce surgissement ouvrier va produire ou une défaite, ou une victoire.