violations de territoires

Il y a 3 violations de territoires possibles :

  1. spatiale
  2. temporelle
  3. informationnelle

1. spatiale

C'est la plus classique, celle à laquelle on pense d'entrée de jeu lorsqu'on entend violation de territoire.

C'est celle face à laquelle le redneck conjure l'importun d'un get out of my land avant de tirer un coup de fusil vers le ciel et de mettre le trespasser en joug.

2. temporelle

C'est la violation du territoire de l'agenda, celle donc qui nous empêche de nous organiser.

Si on s'imagine le temps comme de l'espace, alors violer le territoire temporel de quelqu'un, c'est empiéter sur son temps.

Il y a plusieurs façons de faire ça : débarquer à l'improviste, poser un lapin, décommander au dernier moment, etc…

Devant une telle violation, on a envie de dire : tu me fais perdre mon temps.

3. informationnelle

Ici, c'est lorsqu'on émet à quelqu'un une information qu'il ne souhaite pas recevoir.

C'est une violation de l'espace mental de quelqu'un.

On peut, par exemple, forcer quelqu'un à réfléchir à quelque chose auquel il n'avait pas envie de réfléchir, remettre en question son modèle du monde, et risquer de le forcer à le restructurer. Reconstruire son modèle du monde est quelque chose de très pénible et douloureux ; c'est pour ça que les gens sont prêts à défendre leur modèle actuel du monde bec et ongles, et généralement totalement fermés à accepter pour recevables des idées qui risqueraient de le destabiliser. Ce n'est que lorsque leur modèle du monde est mis en échec par l'expérience qu'ils acceptent de le modifier, et il leur faudra passer par les 5 étapes du deuil avant de finalement accepter de dire au revoir à l'ancienne grille.

C'est contre cette violation que dans son discours à Harvard intitulé Le déclin du courage, Soljenitsyne prônait le droit de ne pas savoir.

réaction

La réaction fréquente, face à une violation de territoire est généralement la colère.

C'est très animal — on est des animaux, en même temps.

Colère exprimée ou réprimée, mais colère.