nos enclos

On passe tellement de temps à vivre dans des enclos.

En fait, on ne fait que ça.

L'enclos travail, et l'enclos loisirs.

L'enclos travail, et l'enclos vacances.

L'enclos travailleur, et l'enclos chômeur.

L'enclos travailleur, et l'enclos retraité.

L'enclos travail intellectuel, et l'enclos travail manuel.

L'enclos chez moi, et l'enclos pas-chez-moi.

L'enclos ma famille, et l'enclos ta famille.

L'enclos mon groupe d'amis, et l'enclos des gens qui ne sont pas dans mon groupe d'amis.

Les Gilets Jaunes, après s'être fait nassés, et avoir goûté à la bonne odeur des lacrymos, veulent faire des Manifestations Hors de l'Enclos (MHE).

C'est une démarche intéressante.

Mais il faut aller plus loin.

Il faut péter complètement les enclos.

Il faut foutre le feu au monde, si nécessaire.

Une amie laissait toujours la porte de chez elle ouverte ; c'était son parti pris face à la vie.

Un ami ne ferme jamais sa voiture à clef.

Dans L'An 01, les gens foutent les clefs de leurs logements par les fenêtres.

À Rennes, quand je faisais semblant de vouloir étudier, on faisait des appart-o-thons : au cours d'une même soirée, on visitait l'appart de l'un, puis l'appart d'un autre, puis le sien, etc… c'est peut-être un des meilleurs souvenirs de toute ma vie.

Quand j'essaye de m'imaginer le communisme, la Révolution, j'imagine ça comme un moment où on sort tous de chez soi comme on sortirait d'une grotte ou d'une caverne, et enfin on se rencontre.

Ah… vivement que ce soit fini, toutes ces conneries d'enclos.

Parce que, je sais pas vous, mais, moi, j'en ai marre.