les mots tordus

Quand j'étais petit, je lisais les histoires du Prince de Motordu, et un livre de contrepétries intitulé La vie des mots, l'ami des veaux.

C'était rigolo.

Aujourd'hui, ce ne sont pas les mots qui sont à l'envers, mais les groupes nominaux.

Et c'est moins rigolo.

Les gentils virus qui écoutent Étienne Chouard et écrivent leurs constitutions dans leurs ateliers constituants croient au pouvoir des lois, sans voir qu'elles ne sont que les lois du pouvoir. Une simple formalisation écrite d'un pouvoir qui est déjà là. Entre autres une constitution qu'on peut tordre dans tous les sens, comme si elle avait la flexibilité d'une contorsionniste circassienne atteinte d'un problème de tissu conjonctif.

Nos chouardistes constituants croient qu'ils peuvent écrire des lois qui leur donneraient le pouvoir. Ils n'ont pas l'air de se rendre compte que c'est justement parce qu'ils n'ont pas le pouvoir qu'ils ne peuvent pas écrire les lois.

Pour apprendre à renverser les groupes de mots, pour les remettre dans le bon ordre, peut-être faudrait-il commencer par lire ces livres pour enfants.

Et prendre l'habitude, toujours, de regarder si les discours ne sonnent pas plus vraisemblables quand on les met à l'envers.

C'est toute une gymnastique.

Soyons plus flex !

Mais pas tordus.