changer les logiciels des gens

Hier je suis allé voir Asselineau (en conférence hein, pas en concert).

J'avais envie de casser la routine et il passait dans la ville à côté de chez moi, donc je me suis dit : tiens, ça me ferait content d'entendre des trucs intelligents ponctués par de bonnes blagues.

Bon, je connaissais trois quarts des blagues, mais j'ai quand même ri pas mal.

Asselineau est drôle.

Quand il m'a serré la main et demandé « Vous êtes qui ? » et que je lui ai répondu Boris, il l'a répété avec une parodie d'accent russe en mode film américain : Bohorrrisss. Oui, parodie, parce que Boris, ça n'existe pas, en russe. En russe, c'est Борис, ce qui se prononce Baris, où le r n'est pas roulé, et le о se prononce a.

Puis il m'a demandé ce que je faisais dans la vie. Je lui ai répondu je développe une monnaie concurrente à l'euro, ce sur quoi il n'a pas rebondi. Il avait d'autres mains à serrer, en même temps.

Bref, après trois heures de conférence, on est passé aux questions réponses.

Et là un mec, adhérent UPR depuis 2017 commence à lui parler, en gros, et sans le mentionner explicitement, de la fraude du nom légal.

J'avais une impression de déjà-vu, car il me semblait avoir déjà entendu ce genre de remarque dans une session question-réponse UPR. Asselineau, pourtant, sembleait ignorer de quoi son interlocuteur était en train de lui parler. À l'histoire des États qui ont des numéros de SIREN, il a répondu poliment « je ne sais pas ; il faudra que je regarde ».

Intérieurement, j'étais un peu en mode face palm. Parce que je sais que ces conférences sont filmées et, même si je sais pertinement qu'Asselineau n'a aucune chance d'être élu — on ne peut pas être élu en disant la vérité — ça me rend quand même un peu triste de me dire qu'il y a à l'UPR pas mal de paumés.

Après, je me dis : bon, c'est pas de la connerie matérielle, c'est de la connerie logicielle, et les logiciels, ça se change.

Peut-être qu'on pourrait expliquer à ces gens qui de toutes évidences croient très fort à l'État de droit qu'en réalité ce ne sont pas les lois qui font le pouvoir, mais bien le pouvoir qui fait les lois.

Toujours cette histoire du génétif, qu'il faut pas foutre au mauvais endroit :

le pouvoir des lois

✅ les lois du pouvoir

Dans un ordi, changer de logiciel, c'est facile : en moins de 30 minutes t'as un Linux d'installé. Voire : tu redémarres avec une clef bootable et, BIM, t'es sous Linux.

Dans un cerveau humain, c'est plus compliqué. Je ne saurais pas exactement comment l'estimer mais, à mon avis, il faut peut-être une bonne année de travail, si ce n'est plus, pour passer du stade complotiste qui croit que les complots font l'Histoire au stade matérialiste dialectique qui comprend que l'Histoire fait les complots.

les complots font l'Histoire

✅ l'Histoire fait les complots

J'exagère un peu quand je dis qu'il faut 30 minutes pour passer à Linux. En réalité, suivant le niveau de matrixage windowsien, et suivant l'interface et la distribution choisies, il faut peut-être deux ans pour devenir à l'aise avec Linux.

Quand je vois le temps que ça m'a pris pour être vraiment à l'aise avec Android… moi qui suis pourtant un bon gros geek…

Donc, ouais, changer de logiciel, dans son ordi ou dans son cerveau, c'est un effort.

Et il faut avoir une bonne raison de le faire, par exemple n'être pas tout à fait satisfait du logiciel qu'on a sur le moment, par exemple parce qu'il ne nous permet pas de traiter toute information confortablement.

Mais qu'est-ce qu'on gagne en confort et en efficacité ensuite !