crise de surproduction dans un monde de petits propriétaires

Pour prolonger mon précédent article sur la propriété lucrative :

Je me demandais ce que donnerait un monde de petits propriétaires, dans lequel chacun aurait sa petite machine qu'il mettrait en location à un prix plus élevé que l'amortissement.

Pour se figurer les conséquences concrètes d'une telle situation, il est utile d'enlever ce voile qu'est la monnaie.

Que signifie « payer plus que l'amortissement » ?

Ça signifie reproduire la machine, et produire un peu plus.

Mais quoi ?

Eh bien typiquement produire une partie d'une autre propriété lucrative, directement ou indirectement.

Si on imagine que chaque petit propriétaire ait choisi de se positionner sur la propriété d'une machine d'égale popularité, logiquement chacun garde à chaque instant une richesse machinique équivalente à celle de tous les autres.

On en arrive donc progressivement à une situation où tous les plus-si-petits propriétaires possèdent toutes les machines nécessaires à produire tout ce qui est imaginable.

Le caractère lucratif de la propriété finit mécaniquement par s'auto-invalider, car il n'y a plus de raison d'aller louer une machine à son voisin.

Il semble que même alors on retomberait sur nos pattes communistes : crise de surproduction, et en tous cas incapacité du capital à se valoriser.

L'accumulation de propriété lucrative n'est pas une contradiction parce que cette accumulation se fait entre les mains de quelques uns et pas d'autres : elle est une contradiction tout court.

C'est là où on se rend compte que le communisme n'est pas un projet : c'est juste le mouvement réel de l'Histoire.