« gratuit »

C'est un gros problème, ce mot là, aussi.

Un bon mot de merde.

On repart à Marx et au fétichisme de la marchandise… la marchandise qui, en se mettant en spectacle, masque le travail qui a servi à la produire.

La raison principale pour laquelle les gens aiment les logiciels dits « libres », c'est parce que, souvent, ils sont « gratuits ».

En réalité, ils sont offerts.

Car rien n'est jamais gratuit dans la vie.

La seule chose qui est gratuite, c'est le dioxygène qu'on inspire. Encore que, même ça, ça peut être sujet à facturation dans certaines grandes villes à l'air pollué d'Asie.

Un logiciel qui ne coûte rien à son utilisateur coûte, a minima, quelques milliers d'heures-homme à ses créateurs. Et ça, c'est une estimation pour un tout petit logiciel (genre un snake codé à l'ère pré-ChatGPT).

Il y a toujours un coût assumé par quelqu'un.

« Gratuit » ne veut rien dire.

C'est un mot vide de sens.

C'est un mot qui renvoie à des réalités très différentes.

Ça me rendait furax à une époque quand j'entendais la ritournelle « quand c'est gratuit c'est que c'est toi le produit ». Mais d'une certaine façon, oui, peut-être que le mot « gratuit » pourrait être réservé aux trucs qui ne sont pas offerts, juste « gratuits ». Facebook, Instagram… ce genre de co(cho)nneries.

Peut-être que la ritournelle, que je considérais comme un bon radar à cons, recelait en fait une sagesse cachée.

Je m'en vais quand même la reformuler :

Quand c'est gratuit, c'est que c'est pas offert.