Pourquoi j'écris, pourquoi je publie

On peut se demander s'il reste encore un intérêt à produire du contenu et à le publier, dans ce monde de 2023, où on souffre bien plus d'une surabondance d'information que d'un manque d'information.

J'ai pas mal écrit dans ma vie, sur papier, sur ordi, dans des fichiers texte ou markdown, et sur Obsidian avant qu'ils changent la façon de gérer les titres et que me dise : ah, ouais, même en utilisant un format interopérable comme le markdown, devoir changer de logiciel est toujours une plaie. M'enfin j'ai joué avec le feu en utilisant un logiciel non libre, et évidemment j'ai perdu.

Pourquoi j'écris

Si j'écris, c'est : pour me vider la tête, pour “processer” mes émotions, et pour structurer ma pensée.

C'est aussi pour avoir une manière d'être davantage moi-même, hors société. D'avoir le temps de poser les choses, de façon réfléchie, ce que je trouve difficile à faire à l'oral.

Pourquoi je publie

Publier est pour moi un moyen de me sentir exister, de me dire qu'il restera peut-être un temps quelque chose de moi après ma mort (le temps que mon hébergement web arrive à échéance, et que archive.org mette la clef sous la porte ou vire mes pages de sa base de données).

Si je publie, c'est aussi parce que ça m'oblige à être plus exigeant avec ce que j'écris, un peu plus que si je laissais tout ça en local.

Je sais que c'est potentiellement risqué de dévoiler publiquement sa pensée, ses émotions, et ses ressentis, mais pour moi c'est un risque encore plus grand de n'être pas moi-même et de me conformer à la pensée dominante du moment.

Mes ennemis pourraient se servir de mes écrits contre moi.

M'enfin je n'ai pas vraiment d'ennemis humains ; s'il y a des gens que je n'aime pas, c'est généralement plus ce qu'ils pensent et ce qu'ils font qui me débecte, alors qu'en tant qu'êtres humains je peux les trouver assez sympas.

Je publie donc pour défendre des idées, celles que j'ai à un instant t, et qui peuvent être assez différentes de celles que j'aurai 10 ans plus tard (j'évolue quand même un peu).

L'écriture et la publication sont aussi des exutoires : elles me permettent d'extérioriser ce qui me trotte dans la tête, et ainsi d'éviter la rumination. Car comme le dit ce bon Dr. Tom Lahue à propos des gens qui font du 9, tout ce qui n'est pas exprimé se transforme en monologue intérieur et en rumination.

L'autre jour, après avoir beaucoup écrit, j'ai ressenti un grand calme mental. Mon esprit était tellement vide de pensées que j'avais l'impression de vivre comme un animal.

Oh l'apaisement…

Écrire et publier me permet aussi d'éviter de saouler mon entourage avec tout ça. Lira qui voudra, cette étape là n'est pas si importante…

De façon assez amusante, même avant de mettre tous ces fichiers HTML sur le internet, rien que le fait de voir tous ces écrits sous la forme de pages web avait un côté appaisant. Peut-être avais-je réussi à berner mon cerveau en lui faisant croire que c'était publié, juste parce que c'était sous la forme d'une page web. Ou peut-être était-ce que voir sur l'index la liste des titres des articles, c'était comme regarder dans un miroir : enfin je me voyais vraiment, et je reconnaissais ce que je voyais.

Limite, même, j'aimais ce que je voyais.