6 ans après : l'économie de la Ğ1

Six ans et demi après son lancement, l'économie de la Ğ1 fait peine à voir.

Je ne sais pas si un seul des participants à cette aventure avait beaucoup d'illusion sur notre capacité à créer un mode de production digne de ce nom, car on a assez écouté Jancovici (ou lu Jeff Rubin) pour savoir que notre vie est possible grâce au pétrole. Et, dans la Ğ1, du pétrole, on n'en a pas.

Certains se désespèrent quand même quand ils constatent qu'on trouve sur Ğchange une surreprésentation d'offres de thérapie en tout genre, mais peu d'autres choses.

Je voudrais préciser ce point, expliquer pourquoi ces offres sont là, et les généraliser, en les rangeant dans une catégorie plus vaste, donc plus utile.

J'appellerai « thérapeutes de la sorte » (terme trouvé sur le forum monnaie libre) les gens qui proposent ces services.

Alors, voilà :

Si les thérapeutes de la sorte sont dans la Ğ1, ce n'est pas directement du fait de leur domaine particulier d'activité, mais parce qu'ils appartiennent à la catégorie des gens pour qui la Ğ1 est potentiellement intéressante.

La Ğ1 est potentiellement intéressante pour toute personne :

Ces critères ne sont pas propres à l'activité des thérapeutes de la sorte, mais sont aussi remplis pour tous les gens qui veulent :

Ce ne sont que les quelques exemples qui me viennent à l'esprit ; on doit pouvoir en trouver d'autres, et vous retrouverez probablement ces personnes assez tôt dans la Ğ1, si elles n'y sont pas déjà.

On n'a pas encore de gens qui veulent nettoyer la façade de votre maison pour enlever le lichen, mais ça ne saurait tarder…

Par corollaire, vous pouvez considérer que toutes les personnes qui vendent leur travail sur Ğchange sans répondre aux critères mentionnés ci-dessus sont là par bonté de cœur et d'âme, et vous pouvez les classer dans la deuxième catégorie, celle des « héros ».

Pour citer un certain Stéphane L. :

la première génération qui va développer* la monnaie libre, ça peut être qu'une génération de héros, des gens qui vont justement beaucoup travailler, beaucoup mettre au point, beaucoup éprouver, beaucoup améliorer un système dont ils ne vont pas bénéficier eux-mêmes, qu'ils vont transmettre à la génération suivante

* et quand il dit « développer », je ne crois pas qu'il parle seulement de code

Des babos et des geeks

J'avais dès le début constaté qu'on pouvait (et c'est encore vrai) résumer l'économie de la Ğ1 (ou l'absence d'économie de la Ğ1) en 5 mots :

« des babos et des geeks »

Et ça ne marche pas très bien. On a :

En tous cas, à moins que chacun fasse un pas dans la direction de l'autre*, la Ğ1 continuera de se retrouver confrontée au problème des 3 producteurs, non pas par absence d'un intermédiaire d'échange (ça on l'a : c'est la Ğ1), mais par absence du troisième producteur.

Sur le forum, je conseillais la chose suivante :

Si vous tombez sur ces oiseaux rares qui :

mettez les en cage, connectez les à Ğchange, et revenez me le dire ici ; je vous ferai un don de remerciement.

M'enfin :

« On ne met pas tous les oiseaux en cage, leurs plumes brillent trop quand ils s'envolent et la part de vous-même qui sait que c'est un péché de les enfermer se réjouit. »


*EDIT : Le seul domaine que je trouve où babos et geeks pourraient avoir à échanger est sur le domaine du jardinage d'intérieur, où geeks programmeraient les boîtiers Arduinos pour gérer l'hygrométrie et l'allumage des lampes à UV, et babos se chargeraient de dégoter les meilleures variétés de graines de tomates chez nos voisins hollandais.